Quand la terre émergea de l’ère des Cataclysmes, les hommes voulurent partir à la conquête des planètes, mais les missions échouèrent. Quand ils se retrouvaient seuls dans l'espace, les hommes se battaient. Ils se battaient pour une femme, pour le pouvoir, pour le plaisir de se détruire et la jouissance que l'homme éprouve à démolir ceux qu'il aime, ceux dont il a besoin, ceux qui partagent sa destinée et ses rêves.
Quand ils ne se battaient pas, cela signifiait qu'un caïd s'était imposé. Au début, ils se taisaient, puis ils se cachaient, ils coupaient les lumières et se réfugiaient dans l'ombre, refusant d'agir, de bouger et de penser. Un jour, ils se suicidaient. La mort était le chemin de l'espace et l'espoir se réduisait au suicide, seule issue élégante à son absence totale.
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Dajê Nin aimait pêcher sur le Mékong. Qu’il fut le plus grand mathématicien de son temps ne semblait pas lui importer. A l’heure des premiers camps sur la planète Mars, Dajê Nin sortait tous les jours de la maison de bambou qu’il avait héritée de ses parents, habillé d’un short de coton, il sifflait son cormoran apprivoisé et montait dans sa longue barque : le cormoran se posait sur le perchoir aménagé à la poupe, Dajê Nin lui caressait le cou et lui passait le muselet. Se redressant, Dajê Nin se saisissait de sa longue perche et, d'un coup, lançait sa barque à l'équilibre instable sur les eaux du Mékong.
La phrase préférée de Dajê Nin était :
— JE NE SAIS PAS.
A cinq ans, cela faisait rire. A dix ans, cela agaçait déjà...
Format A6. 32 pages. ISBN : 9782952737074 Prix : 3,20€